LA DAME DE CHEZ MAXIM
Vidéo envoyée par arte

Sur ARTE, mercredi 10 juin à 20.45 : La Dame de chez Maxim Un bourgeois se réveille, flanqué d'une migraine atroce et d'une encombrante conquête. En direct de l'Odéon, une mise en scène euphorisante du chef-d'œuvre de Feydeau, signée Jean-François Sivadier. Après avoir fait la noce, le docteur Petypon se réveille avec une gueule de bois épouvantable et une femme inconnue dans son lit : la Môme Crevette, danseuse au Moulin-Rouge, toute gouaille et tous charmes dehors. Cela tombe mal car une foule de gens s'est donné le mot pour défiler dans sa chambre : un meilleur ami goguenard, sa femme, des membres de sa famille, un militaire, le balayeur de la rue Royale... Bombe à retardement Sur cette trame vaudevillesque - un bourgeois pris la main au panier -, Feydeau entrechoque à plaisir les répliques et les quiproquos jusqu'à fabriquer ce que le metteur en scène Jean-François Sivadier qualifie de "bombe à retardement amorcée à vue". "Et la crainte qu'elle explose vaut toujours mieux que l'explosion elle-même, poursuit-il. Feydeau ne cesse de la différer, jouant avec nos nerfs pour satisfaire l'audacieuse ambition de chacune de ses pièces : ériger comme un architecte désinvolte, et sur le syndrome du 'plus c'est énorme mieux ça passe', un échafaudage brinquebalant dont on se demande jusqu'où il va monter avant de s'écrouler." ARTE diffuse ce spectacle créé au Théâtre national de Bretagne en direct du Théâtre de l'Odéon, à Paris, où il fait escale du 20 mai au 25 juin, avant de poursuivre sa tournée. Portée par une troupe de comédiens électrisante - mention spéciale à Nicolas Bouchaud et Norah Krief -, la mise en scène de Jean-François Sivadier fait fonctionner à plein régime cette mécanique hilarante et poétique.

la_dame_de_chez_maxim

source photo : culturofil.net

Encore une fois, pour trouver quelque chose d'intéressant à la télévision il faut regarder Arte. Demain soir donc, à 20.45 la retransmission en direct du théâtre de l'Odéon "la dame de chez Maxim" mise en scène par Jean François Sivadier.

Voici ce qu'en disait (extrait) Brigitte Salino dans sa critique (Le Monde daté du lundi 4 mai 2009) :

Avec "la dame de chez Maxim" la troupe se plie aux règles de Feydeau. La première est l'ivresse, cette ivresse qui embarque le docteur Petypon, respectable bourgeois, dans une folie d'aventures, parce qu'il se réveille un matin chez lui avec une inconnue dans son lit, la môme crevette, cueillie la veille chez Maxim où Petypon et son ami Mongicourt avaient passé la soirée.

Depuis sa première apparition en 1899, "la dame de chez Maxim" n'a cessé de triompher.

Jean-François Sivadier, lui la place sous le signe de Kafka :

"Ce n'est pas l'imagination qui crée la folie mais la raison".

C'est peut-être aller loin mais qu'importe : Sivadier s'empare de la pièce comme d'une machine à jouer. Il a le sens de la troupe, il aime le théâtre qui s'adresse aux spectateurs en les regardant droit dans les yeux.

La môme crevette apparait comme un sommet de bon sens. Et dieu sait pourtant si elle dépasse les bornes ! Norah Krief la joue comme une poulbot, un piaf de Paris qui connait la chanson et ne perd pas une occasion de gruger son monde en s'amusant.

Elle a une facon de dire : "Et allez donc, c'est pas mon père" en se pinçant les seins qui la rend "crevante", pour parler comme autrefois. On dirait une enfant jetée trop vite sur les trottoirs de la vie qui porte des bottines de mondaine-sexe, et en même temps pourrait jouer à la marelle en ce moquant des passants.

Ses accés de cruauté n'en sont que plus éclatants. Ce sont ceux que les laissés-pour-compte envoient à la figure des nantis. Chaque fois qu'elle réussit un coup, elle semble dire "tiens, prends ça !" Tout en sachant que, sur le fond, cela ne changera rien. Et qu'il vaut mieux profiter de l'instant. En riant si possible. Et en faisant rire. Pour le bonheur de tous.