Avec un titre pareil, je ne pouvais qu'être intrigué par ce livre.

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La correspondance entre Juliet jeune écrivain et un inconnu, natif de Guernesey et membre du "cercle litteraire des amateurs d'épluchures de patates". l'histoire se passe à la fin de la deuxième guerre mondiale et ce cercle litteraire en question n'a été créé que pour tromper l'occupant allemand.

Voici donc la critique de "Télérama" (cela va faire plaisir à Mr. M)

Férus d'humour anglais, cet extravagant livre épistolaire est pour vous. Les auteures, deux Américaines pince-sans-rire, ont imaginé la correspondance désopilante d'une femme écrivain britannique, Juliet, avec des proches qui s'éloignent, et des lointains qui deviennent proches, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, les membres d'un club de Guernesey qui donne son titre au livre, devenus lecteurs pour, entre autres, camoufler aux Allemands leur amour du cochon rôti...

Le Times lui ayant commandé une enquête sur « les vertus pratiques, morales et philosophiques de la lecture », Juliet cherche à en savoir plus sur ces petites gens hors du commun. Il y a ce fermier qui ne supporte pas que Catulle ait écrit des poèmes de jalousie après avoir vu sa dulcinée câliner un moineau. Et ce valet qui n'a jamais lu que Sénèque, avec l'impression que ses remarques mordantes ne s'adressent qu'à lui. Omniprésents dans les lettres des protagonistes, l'absurdité, la dérision et le sous-entendu cèdent toujours le pas au respect de l'autre. En plus d'être un délectable ­catalogue des excentricités littéraires de toute une communauté, ce roman est empreint d'une profonde humanité. C'est un chant d'amour à la lecture, démarche humble et silencieuse.

Marine Landrot

Telerama n° 3102 - 27 juin 2009